
On ne présente plus Jacques Garcia. Esthète, chineur, amateur de curiosités et d’orientalisme, ce décorateur prolixe n’a pas son pareil pour imaginer et mettre en scène les histoires qui font l’esprit de chaque lieu. Sollicité au quatre coins du monde, Jacques Garcia a succombé au projet enthousiasmant de la famille Bennani Smires. Dès les premières rencontres, enthousiasmé par l’audace du concept, il dessine la silhouette de ce palais, inspiré des constructions de l’âge d’or de Marrakech et des haciendas andalouses. Architecte autant que décorateur, il articule ses intuitions autour d’un étonnant jeu de contrastes entre l’intimité très confinée des espaces intérieurs et les perspectives spectaculaires qui animent les jardins. Ainsi, chaque hôte reconstruit le palais à sa mesure, au fil de son séjour et de ses allées et venues.
Comment s’est passée la rencontre avec la famille Bennani Smires ?
A l’époque, pour plusieurs raisons, j’étais convaincu que je n’avais plus envie de mener des projets au Maroc. Abdeslam est venu me rencontrer. Il était plein de conviction, débordait d’idées atypiques, nouvelles. Il m’a parlé de sa passion pour les chevaux qu’il voulait associer au projet. Je me suis laissé séduire par son envie. Il m’a présenté des plans dessinés pour le permis. Je ne les ai pas trouvé satisfaisants. Je lui ai donc dessiné le projet tel que moi je l’imaginais, avec ce bassin central enterré et les façades couvertes de briques.
Qu’est-ce que ce projet avait de spécial ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ? Comment le décririez-vous ?
C’est une oasis. Au cœur de l’hôtel, il y a l’eau, ce grand bassin sur lequel ouvrent toutes les chambres et les parties communes. Avec la végétation foisonnante, faussement négligée, qui dévale des talus, cette grande perspective du bassin évoque les jardins de la villa d’Hadrien ou l’Alhambra… l’intemporalité de l’art de vivre héritée de la Perse. Tous ces endroits sont complètement protégés de l’extérieur. C’est un lieu très atypique à Marrakech. Une fois dans la chambre, on ne se sent pas dans un hôtel, on est coupé du monde. Le lien avec les chevaux m’a aussi beaucoup inspiré. Les écuries, de style andalou ou indien, confèrent aussi beaucoup de caractère à Selman.
Toutes les briques de façade, par exemple, ont été posées à la main. C’est un travail pharaonique de très grande qualité. Il était important pour vous que l’artisanat marocain soit mis en valeur ?
Lorsque les artisans sont bien dirigés, ils sont capables de travailler comme au XIIIe siècle. Bois, plâtre, zelliges : tout est sculpté et posé à la main. Comme ce sont des matériaux qui ne vieillissent pas, s’ils sont bien utilisés, si les modèles sont bons, cela ne fait jamais pastiche. C’est une richesse extraordinaire du Maroc.
Comment avez-vous conçu les espaces intérieurs ?
C’est un élément très important. La réception n’est pas visible. Elle est cachée. Ce n’est pas un commerce. On entre ensuite dans le cœur de l’endroit avec une vue d’axe sur les jardins et le bassin que croise une autre perspective avec le bar et le restaurant, prolongée par l’allée qui mène spa. C’est un espace magnifique qui fonctionne de manière grandiose avec beaucoup de monde aussi bien que dans l’intimité grâce à des jeux de rideaux et de décrochements. Quant aux couleurs, j’ai essayé d’unifier le plus possible pour ne pas perturber les volumes. Une couleur, cela se change. L’architecture, elle, reste. C’est elle qui fait l’endroit. On a l’impression que le bâtiment est là depuis des années.
Quelle atmosphère avez-vous voulu créer dans les chambres ?
Elles sont très mystérieuses, secrètes. C’est très différent de ce qui se fait à Marrakech. Avec 60 chambres, il était important de se distinguer. Je les ai voulues très confortables avec des salles de bain lumineuses. Le fait de séparer une petite alcôve et d’ouvrir sur une terrasse leur donne un côté très « sexy ». On a l’impression d’être seul dans l’hôtel. C’est un hôtel de plaisir, sensuel. Dans les riads, c’est identique, l’atmosphère est très vaporeuse, romantique. Les salons sont couverts de rideaux, on s’y sent bien, protégé. On peut y passer la journée tranquillement, sans s’ennuyer.
Comment avez-vous conçu le spa ?
Le spa est d’inspiration orientale, évidemment. Il m’évoque les hammams de l’antique Istanbul. Pour moi, sa source, c’est le harem de Topkapi. Les jeux de clairs-obscurs, les trompe l’œil que créent les paravents de moucharabiehs… tout y évanescent. C’est un pur endroit de bien-être, très raffiné. Avec ses deux piscines privatives, le spa est une oasis dans l’oasis.
Né en 1947, Jacques Garcia découvre très jeune ses facilités pour le dessin et sa fascination pour les objets d’art et c’est tout naturellement qu’il se dirige vers une école d’architecture d’intérieur Peninghen qu’il complète par une formation aux Métiers d’Art..
Dans le cadre de l’Agence où il débute, il se spécialise dans l’architecture contemporaine, en réalisant notamment les concepts intérieurs de la tour Montparnasse et des Hôtels Méridiens. Versé dans des projets ultra modernes, Jacques Garcia va s’ouvrir de concert à l’Art Contemporain : il court les galeries, s’enthousiasme pour ces jeunes artistes qui savent rompre avec le passé et se constitue une collection faite de coups de cœur, d’intuition, et de rencontres qui remportera lorsqu’il décidera de la céder, un énorme succès. En se passionnant pour l’art conceptuel en particulier, Jacques Garcia découvre beaucoup de parallélisme avec le XVIIe siècle qu’il affectionne depuis toujours.
Chineur invétéré, Jacques Garcia accumule sans le savoir les objets qui peupleront ses décors dix ans plus tard. Aiguisant sa science de l’objet à travers les livres, dotée aussi d’une intuition innée, il constitue par passion mais aussi par mission, celle de rassembler patiemment ce que la révolution française a si vite dispersé, une fabuleuse collection de meubles et d’objets royaux, souvent mal attribués et qu’il acquiert à moindre frais « Je percevais d’instinct que ce meuble était différent des autres, je le sentais rempli d’âme, comme gavé de vécu ».
Très vite cette passion de collectionneur le pousse à vouloir mettre en scène ses trouvailles et Jacques Garcia s’attache peu à peu une clientèle privée qui s’adresse au grand maître pour ressusciter leur demeure. Ses clients s’appellent d’Ornano, Bouygues, Mauboussin…
C’est l’époque aussi où Jacques Garcia s’installe à titre privé dans un des lieux les plus époustouflant de la capitale, l’hôtel de Mansart rue des Tournelles. Cette demeure d’un des principaux architectes de Versailles, retrouva sous l’égide de Jacques Garcia les fastes d’un glorieux passé. Il parvient à le hisser à l’altitude des chefs d’œuvre, incarnant le style Garcia, celui de voir grand dans l’élégance, de faire riche sans pour autant s’appesantir.
Au début des années 1990, le travail de Jacques Garcia devait connaître une inflexion d’importance avec la rencontre de Diane Desseigne, propriétaire du groupe hôtelier Lucien Barrière. Commençant avec la rénovation de quelques suites de l’hôtel Royal de Deauville, une relation de confiance devait s’installer entre l’héritière et le décorateur, donnant lieu à une collaboration toujours actuelle, rénovant tous les fleurons du groupe du mythique hôtel Majestic à Cannes au grand hôtel d’Enghien, de Dinard à La Baule.
En passant du privé au public, Jacques Garcia franchit un pas déterminant qui allait lui porter chance et lui offrir l’opportunité d’étendre son registre créatif en s’inspirant d’univers très différents, du minimalisme zen à la surcharge néo-gothique, de l’exotisme retour d’Egypte à la folie Napoléon III..
Le nom de Jaques Garcia est déjà très connu à cette époque, la presse se faisant le relaie assidu d’un de ses plus prestigieux chantiers, le pied à terre parisien du Sultan de Brunei, pas moins de 6 000 m² Place Vendôme.
Mais en fait ce n’est qu’en 1996, à l’ouverture de l’hôtel Costes que les Parisiens découvrent pour la première fois dans toute son ampleur le style Garcia. On n’avait jamais vu jusqu’alors autant de personnalité dans un lieu public. A l’heure du minimalisme ambiant, il fallait un esprit singulièrement indépendant pour afficher une telle audace. Le « tout-Paris dont on parle » applaudit et l’hôtel Costes devient un des hôtels les plus prisés de la capitale. Le mythe est né et depuis ce sont plus de 24 hauts lieux à Paris et pas des moindres qui portent le sceau Garcia : le Fouquet’s, Ladurée, l’Esplanade, L’Avenue, la Grande Armée, le Ruc, le Cabaret, L’hôtel des Beaux-Arts, le Rivoli Notre Dame…
L’étranger est à son tour atteinte par la fièvre Garcia, les projets affluent et sous n’importe quelle latitude, le public se précipite au rendez-vous du grand genre : New York, Chicago, Las Vegas, Beyrouth, Baden Baden, Genève, La Haye, Bruxelles… En 2000, c’est la consécration ! Le succès en librairie de son livre « Jacques Garcia ou l’éloge du décor » chez Flammarion vient confirmer la côte d’amour du public.
Avec plus de 34 000 exemplaires vendus en 6 mois et cela malgré 3 ruptures de stock, c’est un succès sans précédent pour la maison d’édition !
Au fil des années, Jacques Garcia devient un personnage public. Il reçoit la médaille de la Ville de Paris en 1994, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur en 1997 et Commandeur des Arts et des Lettres en 2002. Sa vie entièrement consacrée à la défense de la beauté et de patrimoine de la France lui vaut quelques distinctions, telles que le prix Mont-Blanc du Mécénat culturel en 2001 et le Prix Oscar Wilde en 2002. La même année, L’Académie des Sciences Morales et Politiques lui décerne le prestigieux prix Henri Texier pour l’ampleur des travaux de restauration effectués dans son château du Champ de Bataille, l’Académie remplissant ainsi l’une des missions que lui a confié la patrie en 1795, celle de « suivre les travaux qui auront pour objet l’utilité générale et la gloire de la République » (loi fondatrice de l’Institut de France, 3 brumaire an IV). Ces pharaoniques travaux entrepris dans ses jardins de Champ de Bataille lui vaudront aussi en 2005 d’être nommé chevalier de l’Ordre du Mérite Agricole. En 2006, Jacques Garcia est fier de recevoir des mains du Ministre des petites et moyennes entreprises, Monsieur Renaud Dutreil, les insignes d’Officier de la Légion d’honneur, au titre de toute sa dynamique d’entrepreneur et sa capacité à promouvoir partout dans le monde l’excellence du savoir faire français. Un hommage qu’il a tenu à partager d’ailleurs en présence de toute son agence.
Sa créativité débordante et son sens des effets sont mis à contribution dans les musées nationaux : en 1993, Il met en scène l’exposition Maire Antoinette au Musée Carnavalet. A son sujet la presse écrit : « l’émotion était à son comble. C’est là tout le pouvoir et la magie sans doute d’une matière pétrie d’esprit, humaine et charnelle, brûlante et savoureuse, jamais terne, jamais morte ». En 2001, il participe à une importante exposition organisée par la mairie de Paris, intitulée « tous les jardins du monde » à Bagatelle.En1997, il s’attèle à la résurrection du Musée de la Vie Romantique qui abritent les émouvants souvenirs de Georges Sand et de ses amis. Jacques Garcia en a fait un des musées les plus chaleureux de Paris.
Son chef d’œuvre : le château et les jardins du Champ de Bataille
Mais il serait impossible de raconter l’incroyable parcours de Jacques Garcia, sans parler de Champ de Bataille. Cet homme qui a l’habitude d’aller jusqu’au bout de ses passions, acquiert en 1992 l’un des plus imposants châteaux du XVIIe siècle français, situé en Normandie à une centaine de kilomètres de Paris. En l’espace de cinq ans, Jacques Garcia ressuscite Champ de Bataille de ses splendeurs princières, livrant à cette demeure le meilleur de lui-même. A lui seul, Champ de Bataille offre l’étendue du talent de Jacques Garcia, un mélange de genres, d’alliances, d’emprunts qui exalte le grand goût, livrant un enchaînement de salons, de galeries, de cabinets de jeux, de bibliothèques, richement décorés, admirablement meublés. Mais la passion qu’il nourrit pour toutes les choses élevées le pousse très vite à s’intéresser aux jardins qui entourent Champ de Bataille. La restitution des jardins à la française dans l’esprit des créations d’André Lenôtre tels qu’ils avaient été pensés à l’origine, avec bosquets, parterres dessinés, bassins, allées, terrasses, plans d’eau, fontaine et perspectives, permettent de redonner à Champ de Bataille son unité initiale. En tout, plus de 38 hectares dessinés, nivelés, plantés, irrigués, une tâche titanesque qui font des jardins de Champ de Bataille, l’une des plus grandes réalisations de jardins privés en France depuis le début du XXième siècle.
Avec plus de 40 réalisations d’envergure par an, Jacques Garcia est un des décorateurs français les plus sollicités. C’est d’ailleurs cette notoriété grandissante qui le pousse au début des années 2000 à développer ses propres collections de meubles, de lampes et de tissus aux Etats-Unis et partout dans le monde. Spécialiste des lieux mythiques, du restaurant favori de James Joyce (Le Fouquet’s) à la villégiature parisienne d’Oscar Wilde, (l’hôtel des beaux-Arts), Jacques Garcia s’est aussi attachée une clientèle privée prestigieuse et internationale, de François Pinault à l’Emir du Qatar, de Charles Cohen au Cheik Al Soleman.
Qu’est-ce que la méthode Henri Chenot ?
Nous travaillons dans les méthodes de soin et la cosmétique depuis plus de quarante ans, ce qui fait de nous des « vieux » dans ce domaine ! Nous avons toujours travaillé avec des huiles essentielles. Notre direction, c’est la médecine bioénergétique, une médecine de prévention. Nous travaillons beaucoup sur les points énergétiques. Chaque massage agit sur les connexions avec un organe. C’est cette philosophie et cet ensemble de techniques qui s’appelle la méthode Henri Chenot. Lorsque nous prenons quelqu’un en main, nous personnalisons au maximum le soin. Dans le produit – car les techniciens peuvent confectionner eux-mêmes à chaque instant les crèmes à partir de nos propres bases et actifs – et dans l’application. Nous sommes totalement à l’opposé de l’esprit cocooning généralement associé au spa.
Comment est né le projet de spa du Selman ?
J’adore Marrakech. Je joue au golf, j’y vais donc régulièrement depuis les années 1970. J’ai besoin de me « plonger » dans ce pays au moins deux fois par an. Lorsque j’ai rencontré la famille Bennani Smires, je me suis aperçue que nous avions beaucoup de similarités. Nous avons deux enfants, impliqués dans le projet familial. J’ai adoré l’enthousiasme d’Abdeslam et de Saïda. C’était vraiment un coup de cœur. J’étais content de faire ce projet avec ces gens qui me correspondaient.
A-t-il été difficile d’adapter la méthode aux spécificités de l’environnement de Marrakech, plutôt lié à l’orientalisme et au cocooning ?
On n’entre pas dans ce jeu. On apporte notre méthode en gardant notre ligne, en restant fidèle à notre façon de travailler. C’est nous qui imposons un système plutôt que d’entrer dans cet esprit orientaliste.
Comment avez-vous organisé le spa de Marrakech ?
Ce spa va être articulé autour de quatre choses essentielles.
Tout d’abord, l’alimentation. Une cuisine équilibrée pour travailler sur l’harmonisation du poids, la correction de disproportions, etc.
Ensuite, les massages, très spécifiques en fonction des problèmes de chaque personne : corps, visage et cuir chevelu.
Une grande partie de la cure est centrée sur l’hydrothérapie, que nous utilisons toujours sous la forme de bains avec corrections d’huiles essentielles pour redynamiser les 100 000 km de capillaires de connexions de notre corps. Un traitement en trois étapes. La première, c’est un bain bouillonnant avec des adjonctions personnalisées d’huiles essentielles. Le deuxième, c’est un enveloppement de mélanges Chenot à base d’algues, de kaolin… rehaussé par des huiles essentielles et appliqué sur un « soft pack », un lit d’eau tiède. Ce sont des soins très ciblés en fonction des besoins de chaque zone du corps. Ensuite, on pénètre dans le lit d’eau avant une session de jets qui font pénétrer les actifs et les draine vers les capillaires.
Nous avons aussi incorporé des parties de haute-technologie, dérivées de la chirurgie esthétique. Nous avons des lasers, des machines à ultrasons… tout ce qui existe pour pouvoir stimuler le collagène, réduire un dépôt graisseux, corriger les rides… amoindrir les signes que le temps laisse sur nous ! Ce sont des appareils techniquement très performants. Tous sont très sérieusement sélectionnés à Merano et choisis en fonction des caractéristiques de chaque spa.
La cuisine « bio-light » est une des composantes majeures de votre méthode.
Absolument. Le chef du Selman est venu à Merano. Je lui ai expliqué les fondements et la philosophie de notre cuisine. C’est une alimentation fondée sur des principes de cuisson, sur certains aliments spécifiques… mais qui doit toujours rester une cuisine parfaitement présentée, appétissante, engageante. On ne doit pas mettre les gens « en punition » ! C’est un des aspects très importants de la méthode sur lequel je réfléchis depuis trente ans, quelque chose que j’ai patiemment amélioré et qui est aujourd’hui très demandé. Nous avons trouvé une vraie identité.
Comment s'est passée la rencontre avec Abdeslam et Saida Bennani Smires ?
C’est Grégoire Gardette, un des directeurs artistiques les plus talentueux que je connaisse, qui nous a présentés, à Paris. Grégoire travaillait sur le projet hôtelier Selman avec Abdeslam. S’agissant de leur premier projet, Grégoire nous a suggéré de proposer notre assistance hôtelière pour la période de pré-ouverture à Saida et Abdeslam.
Lorsque j’ai rencontré Saida et Abdeslam, j’ai été immédiatement séduite par leur élégance, leur éducation impeccable et cosmopolite. Lorsqu’Abdeslam a commencé à me décrire son projet et sa vision de l’hôtel qu’il était en train de construire, il fut difficile de résister à la tentation de s’embarquer dans cette aventure avec eux. Un projet magnifique et d’envergure dans lequel un frère et sa sœur étaient partenaires et complices. Dans l’exercice de mon métier, il faut qu’il y ait au moins une affinité et au mieux une alchimie qui s’opère entre le client et moi. Du point zéro à l’ouverture d’un projet hôtelier, il peut se passer entre 12 et 24 mois. Du coup, pendant cette période, le client propriétaire et G.L.A sont comme « mariés l’un à l’autre». Je dois alors m’assurer que nous réussissions conjointement à faire de cette entreprise, un succès, à force de passion, de travail et de synergies. Dans le cas de Selman, le lien fut établi, très vite, dès le départ. Mon équipe de Paris s’est attelée à accompagner la famille Bennani Smires, propriétaire de l’hôtel Selman dans l’accomplissement de leur projet, notamment en s’assurant que les chiffres fassent sens car l’hôtel doit devenir une entité économique vivante et un centre de profit pour ses investisseurs.
Des signatures exceptionnelles (Jacques Garcia, Henri & Dominique Chenot) sont réunies avec la vôtre dans ce projet. Comment est née cette association ?
Sans aucun doute, la passion et la vision stratégique d’Abdeslam et Saida Bennani Smires ont fédéré l’implication de grands professionnels de renom dans la création de l’hôtel Selman. Ils ont méticuleusement recherché et approché des signatures d’élite et su les convaincre d’être leurs partenaires dans l’accomplissement du projet. Abdeslam a su établir un rapport très personnalisé avec Jacques Garcia qui a travaillé sur ce projet comme si c’était le sien et je suis intimement convaincue que c’est l’une de ses plus belles réalisations. Jacques Garcia a été impliqué dans l’architecture intérieure mais également extérieure de ce projet. Pour ce qui est d’Henri et Dominique Chenot, je les connais depuis plus de 10 ans et j’ai énormément de respect pour leur travail et leur expertise.
Vous concevez et gérez de nombreux projets hôteliers dans le monde, qu'est-ce que ce projet a pour vous de particulier ?
Travailler aux côtés d’Abdeslam, de Saida et de leurs parents a été particulièrement agréable. Ils sont intraitables sur l’excellence et souhaitaient exprimer l’art de vivre Marocain au sommet de son raffinement. Notre rôle à nous, en tant que consultants hôteliers, a été de s’assurer que tous ces talents, ces savoir-faire ancestraux, ces métiers d’artisans et ces inspirations soient canalisés et orchestrés pour que l’hôtel devienne un lieu magique, une destination à part entière mais aussi un succès commercial pour les propriétaires investisseurs. Notre mission réside là.
Pour ce projet SELMAN mon objectif premier a été de créer une formule unique qui permette de distinguer cet établissement de tous les autres hôtels qui ouvrent à Marrakech : Abdeslam a apporté sa magnifique collection de pur-sang arabes. Le Spa est estampillé Chenot et la cuisine est un savant mélange de d’inspirations françaises et de raffinement de spécialités marocaines.
Pour moi, le challenge de l’hôtel Selman a été de réussir à créer une oasis de luxe, de calme et de volupté qui répondent aux besoins de voyageurs de plus en plus exigeants. L’hôtel Selman peut accueillir en toute plénitude des voyageurs qui recherchent le rêve du Palace des Mille et une nuits, avec une technologie de pointe, un service attentif sans être obséquieux et suffisamment d’activités.
J’ai voulu cet hôtel comme un lieu que je pourrais choisir personnellement pour passer mes vacances. Un hôtel qui permet le repos et la relaxation, une parenthèse santé et beauté, le tout dans un environnement enchanteur. Tout cela délivré par un personnel efficace, stylé et chaleureux.